L'adoration Eucharistique I

Textes de saint Jean-Paul II

L'adoration du Christ dans ce sacrement d'amour doit trouver ensuite son expression en diverses formes de dévotion eucharistique : prières personnelles devant le Saint Sacrement, heures d'adoration, expositions brèves, prolongées, annuelles (quarante heures), bénédictions eucharistiques, processions eucharistiques, congrès eucharistiques.
L'animation et l'approfondissement du culte eucharistique sont une preuve du renouveau authentique que le Concile s'est fixé comme but, et ils en sont le point central. Et cela, vénérés et chers Frères, mérite que nous y réfléchissions spécialement. L’Église et le monde ont grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l'amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l'adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes et les grands délits du monde. Que notre adoration ne cesse jamais !
Jean-Paul II (1920-2005), Lettre apostolique Dominicae Cenae sur le mystère et le culte de la Sainte Eucharistie, 24 février 1980 (3).


Tout est possible si une nouvelle ère eucharistique devient ce qui anime la vie de L’Église. Que l'amour et l'adoration de Jésus dans le Saint Sacrement soient donc le signe le plus lumineux de notre foi !
Jean-Paul II (1920-2005), Discours au Congrès Eucharistique de Fortaleza, 9 juillet 1980, in Le Corps et le Sang du Christ, textes choisis par les moines de Solesmes, coll. "Ce que dit le pape", Le Sarment-Fayard, 1992.

Je vous dis donc : Soyez des adorateurs convaincus de l'Eucharistie, dans le plein respect des règles liturgiques, avec un sérieux, une piété et une intelligence qui n'ôtent rien à la familiarité et à la tendresse. […] Soyez donc toujours des âmes eucharistiques pour pouvoir être d'authentiques chrétiens.
Jean-Paul II (1920-2005), Homélie du 19 août 1979, in Le Corps et le Sang du Christ, textes choisis par les moines de Solesmes, coll. "Ce que dit le pape", Le Sarment-Fayard, 1992.

Lorsqu'on a découvert dans l'adoration eucharistique le Cœur de Jésus "toujours brûlant d'amour pour les hommes", comment pourrait-on se laisser séduire par des formes de méditation qui replient sur soi sans accueillir la Présence du Seigneur ? Comment pourrait-on être attiré par la prolifération de conceptions du sacré qui ne font que masquer un tragique vide spirituel ?
Jean-Paul II (1920-2005), Homélie pour la canonisation de Claude La Colombière, 31 mai 1992.

Puisse cette forme d'adoration se poursuivre aussi à l'avenir, afin que, dans toutes les paroisses et communautés chrétiennes, s'instaure de manière régulière une forme d'adoration de la Très Sainte Eucharistie.
Jean-Paul II (1920-2005), Homélie à Séville (2), 45ème Congrès Eucharistique international, juin 1993.

Quand nous le contemplons, présent au Saint Sacrement de l'autel, le Christ se fait proche de nous et plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. Il nous donne part à sa vie divine par une union transformante et, par l'Esprit, Il nous ouvre l'accès au Père, comme Il disait Lui-même à Philippe : Qui m'a vu a vu le Père (Jn 14, 9). (3)
La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le cœur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur. Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde et à la germination de l’Évangile. Toute personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève à Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent ; ils présentent au Christ tous ceux qui ne le connaissent pas ou ceux qui sont loin de lui ; ils veillent devant lui, en leur nom (5).
J'encourage donc les chrétiens à rendre visite régulièrement au Christ présent dans le Saint Sacrement de l'autel, car nous sommes tous appelés à demeurer de manière permanente en présence de Dieu, grâce à Celui qui reste avec nous jusqu'à la fin des temps. (7)
Jean-Paul II (1920-2005), Lettre à Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège, à l’occasion du 750ème anniversaire de la Fête-Dieu, 28 mai 1996.

Le culte rendu à l'Eucharistie en dehors de la Messe est d'une valeur inestimable dans la vie de l'Église. Ce culte est étroitement uni à la célébration du Sacrifice eucharistique. La présence du Christ sous les saintes espèces conservées après la Messe – présence qui dure tant que subsistent les espèces du pain et du vin – découle de la célébration du Sacrifice et tend à la communion sacramentelle et spirituelle. Il revient aux pasteurs d'encourager, y compris par leur témoignage personnel, le culte eucharistique, particulièrement les expositions du Saint-Sacrement, de même que l'adoration devant le Christ présent sous les espèces eucharistiques.
Il est bon de s'entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé (cf. Jn 13, 25), d'être touchés par l'amour infini de son Cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l'art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d'amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, chers Frères et Sœurs, j'ai fait cette expérience et j'en ai reçu force, consolation et soutien !
De nombreux saints nous ont donné l'exemple de cette pratique maintes fois louée et recommandée par le Magistère. Saint Alphonse Marie de Liguori se distingua en particulier dans ce domaine, lui qui écrivait : « Parmi toutes les dévotions, l'adoration de Jésus dans le Saint-Sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu et la plus utile pour nous ». L'Eucharistie est un trésor inestimable : la célébrer, mais aussi rester en adoration devant elle en dehors de la Messe permet de puiser à la source même de la grâce. Une communauté chrétienne qui veut être davantage capable de contempler le visage du Christ, selon ce que j'ai suggéré dans les lettres apostoliques Novo millennio ineunte et Rosarium Virginis Mariæ, ne peut pas ne pas développer également cet aspect du culte eucharistique, dans lequel se prolongent et se multiplient les fruits de la communion au corps et au sang du Seigneur.
Jean-Paul II (1920-2005), Encyclique Ecclesia de Eucharistia, 25, 17 avril 2003.

Pour vivre de l’Eucharistie, il faut, en outre, demeurer longuement en adoration devant le Très Saint-Sacrement, expérience que je fais moi-même chaque jour, y retirant force, consolation et soutien (cf. Ecclesia de Eucharistia, 25). L’Eucharistie, souligne le Concile Vatican II, "est la source et le sommet de toute la vie chrétienne" (Lumen gentium, 11), "la source et le sommet de toute l’évangélisation" (Presbyterorum Ordinis, 5).
Le pain et le vin, fruit du travail de l’homme, transformés par la puissance de l’Esprit Saint en corps et en sang du Christ, deviennent le gage d’un "ciel nouveau et une terre nouvelle" (Ap 21, 1), que l’Eglise annonce dans sa mission quotidienne. Dans le Christ, dont nous adorons la présence dans le mystère eucharistique, le Père a prononcé la parole définitive sur l’homme et sur son histoire.
L’Eglise pourrait-elle réaliser sa propre vocation sans cultiver une relation constante avec l’Eucharistie, sans se nourrir de cet aliment qui sanctifie, sans s’appuyer sur ce soutien indispensable à son action missionnaire ? Pour évangéliser le monde, il faut des apôtres "experts" en célébration, en adoration et en contemplation de l’Eucharistie.
Jean-Paul II (1920-2005), Message pour la Journée mondiale des Missions 2004, 19 avril 2004.

La présence de Jésus dans le tabernacle doit constituer comme un pôle d’attraction pour un nombre toujours plus grand d’âmes pleines d’amour pour lui et capables de rester longuement à écouter sa voix et à entendre presque les battements de son cœur. « Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! » (Ps 33 [34], 9). En cette année, puisse l’adoration eucharistique en dehors de la Messe, constituer un souci tout spécial des communautés paroissiales et religieuses ! Restons longuement prosternés devant Jésus présent dans l’Eucharistie, réparant ainsi par notre foi et notre amour les négligences, les oublis et même les outrages que notre Sauveur doit subir dans de nombreuses parties du monde. Dans l’adoration, puissions-nous approfondir notre contemplation personnelle et communautaire, en nous servant aussi de textes de prière toujours imprégnés par la Parole de Dieu et par l’expérience de nombreux mystiques anciens ou plus récents ! Le Rosaire lui-même, entendu dans son sens le plus profond, biblique et christocentrique, que j’ai recommandé dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, pourra être une voie particulièrement adaptée à la contemplation eucharistique, réalisée en compagnie de Marie et à son école.
Jean-Paul II (1920-2005), Lettre Apostolique Mane nobiscum Domine (18), pour l'année de l'Eucharistie, 7 octobre 2004.