Editoriaux mensuels de l'abbé Pégourier


Edito de l'abbé Pégourier - février 2024

Comment se prémunir contre un Carême au goût de cendre ?

La coutume des festivals de Mardi gras (Rio, Venise, Nice...) encourage en effet des fêtes « à tout casser » avec leur cortège de licences et de dérives. Mais le retour à l’ordinaire s’avère triste et douloureux. Rien de tel dans l’Évangile dont le message respire la joie de vivre : Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage... (Mt 6, 17).

Il s’agit par conséquent d’entrer dans une dynamique renouvelée de notre existence, libérée des addictions (écrans, activisme professionnel, gourmandises...), du culte de notre image, de notre égoïsme récurrent (remuer les lèvres au lieu de prier avec son intelligence et son cœur, servir ses propres intérêts plutôt que le bien d’autrui).

Il s’agit d’intérioriser notre relation à Dieu, de bonifier nos rapports aux autres, de tenir en lisière notre « mauvais génie », afin de lutter efficacement contre l’esprit du mal et de réjouir le cœur de Dieu : Ton Père, qui voit au plus secret, te le rendra (v.18).

Alors, ne laissons pas passer le temps sans plus, car c’est maintenant le moment favorable, c’est aujourd’hui le jour du salut (1 Co 6, 2) !

Edito de l'abbé Pégourier - janvier 2024

 

Comme les mages, répondons aux manifestations de Dieu.

Ces mages venus d’Orient qui surviennent à Bethléem seront toujours mystérieux. On ne saura jamais vraiment leur nombre, ni s’ils étaient rois, ni d’où ils venaient précisément. Du Proche, du Moyen Orient ?

Or Bethléem est déjà une localité d’Orient.

C’est pourquoi l’Orient dont nous parle l’Évangile, plus qu’un lieu géographique, est un lieu théologique, l’espace où Dieu peut s’exprimer chaque fois qu’une âme sait écouter sa voix dans sa conscience. Cela a été le cas d’Abram qui fit mouvement du fond de sa Mésopotamie natale, du jeune Jacob à l’occasion du songe où il vit une échelle unissant ciel et terre, du prophète Élie qui reconnut Dieu dans le zéphir de l’azur...

Alors un simple signe extérieur comme ceux-ci devient une « invitation au voyage », à changer ses habitudes de vie, ses références de comportement.

Ce signe est digitus paternae dexterae (hymne Veni Creator), le doigt de la puissance aimante du Père éternel qui vient nous chercher dans notre « petit monde », pour nous attirer à Lui.

Dieu nous a aimés le premier, dit saint Jean : il agit sur les ressorts cachés de notre personnalité pour que, de nous-mêmes, nous nous disposions à cet amendement, cette ouverture de cœur ; il éclaire notre âme à sa lumière et nous engage à nous améliorer dans ce domaine-ci,

sur ce point-là... Le ferons-nous pour que cette année soit vraiment nouvelle ?

Edito de l'abbé Pégourier - décembre 2023

Sur le chemin vers Noël, le Neuvaine à l'Immaculée Conception.

En ces jours de préparation à Noël, les familles chrétiennes ornent joyeusement leur demeure, d’abord d’une couronne, et d’un calendrier d’Avent : celui-ci, souvent, représente une maison dont les enfants ouvrent chaque matin une fenêtre ou une porte, pour découvrir un personnage du ciel ou une courte prière qu’ils sont invités à mémoriser.

L’Avent déroule un compte à rebours qui reproduit en quatre semaines des centaines de siècles d’attente du Messie promis depuis les origines de l’Humanité et annoncé par les prophètes.

Dans la cour d’une ancienne villa romaine, un cadran solaire sur la façade surmonte une inscription qui provoque l’attention des passants : « Moi sans soleil, comme toi sans foi ». En tant que Mère et éducatrice, l’Église nous propose ces jours-ci, à titre pédagogique, de vivre la coutume de la Neuvaine à l’Immaculée Conception, neuf jours pour préparer la fête du 8 décembre et donner à Marie l’occasion d’augmenter notre foi en nous inspirant ces sentiments de gratitude et d’adoration dont elle entoure en son sein le Fils de Dieu.

Dans cette optique, sachons offrir chaque jour avec cœur un petit quelque chose à la Vierge qui attendait avec amour son enfant, afin de rejoindre avec elle le « Désiré des Nations » qui vient avec puissance pour nous sauver. Maranatha, « Viens, Seigneur Jésus » !

Edito de l'abbé Pégourier - novembre 2023

Booster les âmes du purgatoire

Le mois de novembre est le mois des défunts. Ceux que nous pouvons aider sont au purgatoire. Nous le savons : c’est un lieu de passage, mais c’est toujours l’occasion d’une purification intense des séquelles dont demeurent marquées leurs âmes en raison de leurs péchés d’ici-bas.

Sans doute avons-nous l’habitude de dire à leur intention, à la fin des litanies du chapelet, un « Notre Père » et un « Je vous salue, Marie » ; mais n’est-ce pas là une mesure parcimonieuse de notre générosité ?

 

Rendons-nous compte que les personnes de l’au-delà nous font toujours bénéficier d’une contrepartie, et qu’en définitive, nous sommes gagnants car leur mesure à elles est celle de Dieu.

Nos « bonnes amies , les âmes du purgatoire », comme les appelait saint Josémaria, peuvent en retour de nos suffrages, nous arracher au relativisme moral. À ce sujet, sainte Véronique Giuliani (XVIIe s.) rapporte la locution d’une de ses novices pour laquelle elle avait intercédé après une mort prématurée : « si vos sœurs avaient une idée du purgatoire, toutes alors seraient des saintes » !

C’est dire à quel point il nous faut changer de mesure, dans notre lutte et nos prières !

Prier pour les âmes du purgatoire

Le mois de la mission s'est achevé mais nous sommes à présent mandatés auprès de nos défunts et, plus largement, auprès des âmes du purgatoire pour élever des suffrages et ainsi, écourter le « temps » de leur douloureuse attente à la porte du ciel. Elles se purifient des séquelles laissées dans leur âme par leurs péchés commis dans cette vie ; même pardonnés, ceux-ci l'ont obscurcie car - selon l'adage -, « nos actes nous suivent ».

Prions pour elles dans la sainte messe pour leur appliquer les mérites de Jésus-Christ ; dans le chapelet pour leur offrir l'intercession de la « Toute puissance suppliante » ; en gagnant pour elles des indulgences afin de les faire avancer sur le chemin du bonheur. Nous-mêmes, nous en tirerons de grands bienfaits :

  • une générosité désintéressée, semblable à celle que la grâce nous prodigue ;
  • une volonté plus droitement orientée pour faire ce que Dieu attend de nous, même si cela doit nous coûter ;
  • une confiance non mesurée envers le Seigneur qui sait, mieux que nous, quel est notre bien.

Il en résultera un lien fécond avec celles que nous pourrons, comme Josémaria Escriva, appeler « nos bonnes amies, les âmes du purgatoire ».

 

Editorial de l'abbé Pégourier - novembre 2019

Toussaint

On parle parfois d'un « temps de Toussaint » : ciel bas à l’horizon, morosité dans les cœurs. La conjoncture actuelle rend la grisaille plus que jamais tenace : nouveau confinement général, attentats à répétition...

Lors de la messe de la Solennité, nous avons écouté ce passage de l'Apocalypse où Jean annonce la fin du monde. Cette crise sanitaire et sociale, ces actes barbares n’en seraient-ils pas les signes avant-coureurs ?

 

En réalité, la Toussaint a une dimension paradoxale. Dans ce contexte de cafard en effet, la liturgie nous offre pour viatique, rien moins que les Béatitudes : Heureux les pauvres de cœur, les affamés de justice,  les artisans de paix… (Mt 5,3.6.9). Se référant peut-être à la préface de la fête qui nous encourage à marcher avec entrain vers la Jérusalem céleste, André Chouraqui, dans sa traduction de la Bible, remplaçait

« heureux » par « en marche » : en marche les cœurs purs, ils verront Dieu..!

Ainsi, en dépit de nos fragilités et à l'intérieur de nos limites, nous ne cèderons pas à la peur ni au conformisme. Misant sur la divine espérance, contre vents et marées, nous oserons croire que notre longue marche dans le temps rejoindra la foule immense de ceux qui se tiennent debout devant le Trône et devant l'Agneau.

 

Editorial de l'Abbé Pégourier - novembre 2020

Edito de l'abbé Pégourier - octobre 2023

Puissance du rosaire

La Terre sainte, berceau du Prince de la paix, relique de sa présence parmi nous, vient de connaître une nouvelle descente dans l'horreur : des assassinats de femmes et d'hommes, d'adolescents et de bébés…

Face à la spirale de la violence dans laquelle les belligérants sont engagés, nous nous sentons démunis. Pourtant, le bras de Dieu ne s'est pas raccourci et, nous le savons, même une petite lumière qui brille peut soulever le lourd manteau de la nuit.

Convertissons donc le plus grand nombre d’activités de notre journée en occasions d’invoquer le ciel.

Mais, remarquait saint Josémaria, de fait, nous sommes peu à prier et nous qui prions, nous prions peu ! Alors, accrochons-nous à notre chapelet, cette arme puissante pour vaincre le Mal, qui sauver tant de communautés, de Lépante à l’Autriche (1955) ou au Portugal (1974)… : « Il n’existe aucun problème, si difficile soit-il, qu’il soit temporel ou spirituel, personnel ou familial, national ou international, que nous ne puissions résoudre par la prière du Rosaire » (Lucie de Fatima).

 

Soyons mieux priants, afin que, de « pauvres pécheurs », nous devenions des pêcheurs repentis et confiants en Marie.

Octobre : mois du Rosaire

Le 13, nous fêtons le centenaire de la dernière apparition de la Vierge qui déclara à Fatima :      « Je suis Notre Dame du Rosaire » ! Au fil du temps, le mois d’octobre avait de fait été dédié au rosaire, l’arme des combats de Dieu, avant de l’être officiellement par le pape Léon XIII. Où, en effet, trouver Marie ? Le pape Paul VI répondait en son temps à cette question : on la trouve dans l’histoire du Salut à travers ses préfigurations (Esther, Judith…), dans l’Évangile, dans les trésors de la liturgie que nous transmet le patrimoine immense de la pensée et de la prière de l’Église ; et dans les humbles traditions des familles chrétiennes, en particulier dans le saint rosaire. En disant ensemble le chapelet, ou une ou deux dizaines avec notre Mère du ciel, nous construisons jour après jour notre famille en une communion d’aspirations et de cœurs. Nous prions Marie et elle est là, au milieu de nous, à sourire, sans rien dire, à nous écouter pour nous encourager à suivre le sillon lumineux qu’elle a commencé à tracer lors de son fiat généreux.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - octobre 2017

Le rosaire, ma prière préférée

Le mois d'octobre est le mois du rosaire : une dévotion « poussiéreuse » aux dires de certains, qui remonte au Moyen Âge. C'est vrai, elle a été promue par saint Dominique. Mais c'est plutôt notre vie qui, souvent, est poussiéreuse. En effet, notre ordinaire sans cesse balayé par les flots des informations et le tumulte des agitations nous conduit, par habitude, à ne vivre qu'à la surface de nous-mêmes. Notre activité multiforme atomisée  et le flot décousu de nos paroles ne manifestent-ils pas que nous ne faisons, sur notre chemin, que soulever de la poussière ?

Pour développer notre vie intérieure, la prière doit descendre des lèvres au cœur, jusqu'au centre de nous-mêmes, ce lieu où se noue l'alliance avec Dieu « présent dans le secret ».

Le rosaire est une prière de répétition. Il est nourri de l'Évangile. Il a pour but d'attendrir la dureté de notre cœur, de l'ensemencer des paroles de la vie éternelle, d'être le relais de la patience de Dieu envers les âmes. Il nous habilite à méditer avec Marie la vie de Jésus.

Avec elle, soyons des acteurs de la Miséricorde : faisons une rose de chacun des Ave de notre chapelet !

 

Edito de l'Abbé Pégourier - octobre 2021

Nativité de la Vierge Marie

Une rentrée de plus, une année de moins !

N’est-ce-pas un non-sens que d’affirmer cela ? D’un point de vue humain, certainement. Néanmoins, dans la vie chrétienne, il en va différemment. Ne venons-nous pas de célébrer la Nativité de la Vierge ? Elle a fait se lever sur notre monde l’aurore et l’espérance du Salut. À présent, nous allons l’accompagner au cours du cycle liturgique qui représente, chaque année, le parcours sur la terre de sa vie ordinaire. Celui-ci se conclut par la gloire de son assomption et de son couronnement (12 et 22 août).

C’est dire que, malgré les difficultés et souffrances inévitables de l’existence, notre itinéraire – doux et amer comme celui de Marie ‒ est destiné à s’achever dans la réussite. À une condition toutefois . Celle de son fiat : confiance indéfectible en Dieu et disposition à se compliquer la vie, par amour pour ses desseins. Telle est la source de la jeunesse de cœur. Par notre dévotion quotidienne, accrochons-nous donc à la roue de la Vierge qui, tel Apollon sur son char, fait monter le soleil au firmament… de notre conscience. Et reprenons avec le psalmiste : Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, le Dieu de ma jeunesse !

 

Editorial de l'abbé Pégourier - septembre 2018

L'école de St Benoît

Le mois de juillet est un mois privilégié : il compte les plus beaux jours de l'année avec ses longues soirées en lumière naturelle, ses pauses partagées en terrasse, la proximité attrayante des vacances...

Il gravite autour de la fête de saint Benoît, le patron de l'Europe, qui a voulu fonder une école où l'on apprenne à « servir le Seigneur » : école de vie intérieure afin d'être « béni » de Dieu – selon l'étymologie du prénom – en faisant cas de ses desseins avec une cœur libre.

Mais, dans nos actions, pour être cohérents avec notre foi, il nous faut de la motivation. Où la trouver ? L'Écriture nous l'indique: Dans ma prière, le feu s'enflamma !

Continuons donc à baliser le parcours de nos journées de quelques normes de piété, moments d'intimité partagée avec Jésus et Marie. C'est le duo de la réussite de l'oeuvre de la Rédemption ; ce peut être aussi celui de notre salut.

Et demandons : Bénis-moi, Seigneur. Reçois mon désir de te fréquenter de plus près, de t'aimer plus fort !

 

Editorial de l'Abbé Pégourier - juillet 2021

Fête-Dieu

Au soir de la Résurrection, se rendant présent au milieu de ses apôtres, Jésus souffle sur eux et leur dit : Recevez l'Esprit Saint ! Il leur transmet sa propre mission et les institue ministres de sa grâce et de sa miséricorde. Par la suite, le divin Paraclet, son alter ego, inaugure le « lancement » de l'Église, le jour de la Pentecôte. Saint Jean Chrysostome l'appelait la « métropole des solennités » : de même qu'une métropole est le centre d'impulsion de tout un environnement urbain, de même la Pentecôte innerve toute la vie liturgique des semaines qui suivent, à travers ces fêtes qui sont comme le bouquet final d'un feu d'artifice avant la pause estivale :

– lors de la sainte Trinité, l'Esprit, circulation d'amour entre le Père et le Fils, nous éveillera à la louange : Laudate, omnes gentes, laudate Dominum !

– à la Fête-Dieu, lui, le « doux hôte de notre âme » nous encouragera à l'adoration pour prolonger les effets bénéfiques de nos communions sacramentelles;

– le Sacré Coeur de Jésus, par l'onction de son Esprit, « source vive, feu, charité », ouvrira nos cœurs de pierre pour en faire des cœurs de chair, capables de chérir le Seigneur et de se réjouir en lui.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - juin 2022

Lundi de Pentecôte : Marie Mère de l'Eglise

Ces mois d’été qui s’ouvrent à présent sont l’occasion de redécouvrir la richesse du train-train quotidien, des journées sans surprise, des activités qui s’enfilent en séries monotones.

 

En effet le coup d’envoi du « Temps ordinaire » a été donné par la Pentecôte et son premier jour, le lundi qui l’a suivie, est dédié à Marie, Mère de l’Église. Or l’Esprit Saint est celui qui fait passer la lumière, qui met de la couleur là où tout est terne et figé, qui travaille silencieusement et en profondeur nos terres intérieures. Quant à la Vierge, son épouse, elle est « l’aimant » de sa présence : là où elle demeure, il va, court, vole, pour se réjouir.

 

C’est dire qu’une dévotion tendre envers Marie est le chemin sûr pour que la bienheureuse lumière du divin Paraclet se reflète sur la palette de nos activités, et que son amour pénètre nos cœurs engourdis par la routine.

Alors, cherchons, « avec toi dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie » !

 

Editorial de l'abbé Pégourier - juin 2023

Pentecôte

Autrefois, la Pentecôte était dotée d'une octave, sorte de rampe de lancement liturgique, pour encourager les fidèles à développer leurs potentialités apostoliques pendant ce vaste champ spatio-temporel qui s'étend jusqu'à la fête du Christ-Roi.

C'est le temps du mûrissement des enseignements du Seigneur avec la complicité de l'Esprit Saint, notre confident, qui cherche à faire brûler notre cœur comme pour les disciples d'Emmaüs.

Sous son ombre, la Vierge a conçu dans sa chair (cf. Angelus). Pour notre part, sachons tirer de sa fréquentation des idées fortes et lumineuses. Prions-le donc avec constance : « Viens en nous, père des pauvres... et envoie du ciel un rayon de ta lumière » (Séquence de la Pentecôte).

 

Editorial de l'abbé Pégourier - mai 2020

De Pâques à la Pentecôte

Nous voici au « joli mois de mai ». Cette année, il achève le temps pascal. Avec une singularité toutefois : ces cinquante jours traditionnels de préparation à la Pentecôte prolongent la « sainte quarantaine » du Carême, non seulement au plan liturgique, mais encore au plan sanitaire.

Celle-ci nous encourage à nous recentrer sur l'essentiel : la vie relationnelle, qu'elle soit spirituelle, ou familiale et sociale dans les limites de la distanciation imposée par la pandémie ; elle pénètre nos esprits des avantages de cette pause obligée dans notre rythme de vie marqué au coin de l'activisme collectif : retour à un élan communautaire, purification du ciel, diminution de la pollution et du bruit... On se prend à réinventer l'avenir !

Gardons-nous des utopies. Mais aussi du risque de nous laisser reprendre, une fois la crise achevée, par des habitudes relativistes, consumméristes, égoïstes. Nous en sommes convaincus : il n'est pas possible de promouvoir  un « homme nouveau », une société heureuse, sans évacuer le « vieil homme », sans un changement intérieur personnel.

 

Autrefois, la coutume des vierges pèlerines était fortement enracinée. Et c'est l'accueil d'une statue de « Notre-Dame-des-Victoires » qui donna l'occasion à la famille Martin de faire une neuvaine à domicile au cours de laquelle la petite Thérèse fut guérie. Aujourd'hui, le pape François nous encourage à recevoir chez nous Marie, « signe de salut et d'espérance », à travers la récitation quotidienne du chapelet en famille. Là où elle passe, Dieu passe avec elle, comme l'illustre la petite doxologie qui termine chaque dizaine.

Mère très sainte, « resplendis sur notre chemin » pour l'ouvrir à un bonheur durable ! Ce confinement forcé en sera le prélude si nous en faisons une quarantaine mariale !

 

Editorial de l'Abbé Pégourier - mai 2021

Marathon de prière pour le mois de Marie

Depuis des années, la course à pied jouit d'une grande popularité et répond à une kyrielle d'appellations : footing, trail, jogging, raid, cross, run, duathlon... Le succès de ce sport s'explique entre autres par son faible coût, ses répercussions positives sur la santé, le bien-être apporté, la zénitude... Avec la levée du confinement et l'arrivée des beaux jours, sans doute les coureurs vont-ils remplir chaussées, allées, pistes et itinéraires !

Parmi les diverses épreuves, le marathon est la plus emblématique. Le pape François en a tiré parti pour proclamer un « marathon de prière » pour le mois de mai, relayé par trente sanctuaires marials répartis de par le monde. L'objectif est d'obtenir de la Vierge la fin de cette pandémie qui blesse l'humanité entière, et d'encourager le plus grand nombre à une dévotion confiante envers Marie.

Un parcours marathonien est une épreuve d'endurance. De façon analogue, au plan spirituel, la prière quotidienne du chapelet jusqu'au 31 mai est un engagement d'amour ; et d'un amour vrai qui s'épanouit dans la durée.
En effet, 
« commencer est à la portée de beaucoup, finir à celle d'un petit nombre » (saint Josémaria).

Alors, joyeux dans l'espérance, regardons haut et loin, le chapelet en main, pour assurer la sécurité de nos lendemains !

 

Editorial de l'Abbé Pégourier - mai 2021

Mai : contemplons le sourire de Marie !

Conflits endémiques, pandémie latente dans le monde.

Et dans les esprits, confusion et résignation ; pessimisme et découragement face au marasme économique, à la fragmentation sociale, à la dégradation environnementale.

Ne sommes-nous pas dans la même situation que celle que décrit le psalmiste : Je lève les yeux vers les montagnes. D'où me viendra le secours ? Réponse : le secours vient de Dieu qui a fait le ciel et la terre. (Ps 21). Encore faut-il l'invoquer... pour vouloir se convertir; à défaut, être emporté par les vents culturels dominants, comme les nuées sans eau dont parle Jude dans son épître (v. 12).

Dieu merci, en ce mois de mai, le ciel s'ouvre sur le sourire de Marie. Elle est notre Mère. Elle le sera toujours. Parlons-lui comme elle l'espère. Prions-la avec cœur : non avec des Ave atones et mornes, mais pleins du désir de partager avec elle nos attentes, nos inquiétudes, nos souffrances..., comme on le fait avec une mère, avec simplicité et confiance.

« Beauté qui nous attire, bien loin de nos laideurs.

Contemplant votre sourire, on est déjà meilleur

Sainte Marie, on est déjà meilleur » !

(Cantique « Vous êtes sans pareille »)

 

Editorial de l'abbé Pégourier - Mai 2023

Pâques

La Semaine Sainte est la grande semaine de l’année liturgique : elle nous achemine vers le dimanche de Pâques, la solennité des solennités de son calendrier. Elle revêt en outre une caractéristique qui la singularise : c’est une semaine à huit jours. Elle commence le dimanche des Rameaux et se termine, non pas le samedi – qui, en l’occurrence, est un jour a-liturgique, un « jour sans » -, mais le dimanche de la Résurrection. Celui-ci est-il un jour de plus, un jour ajouté à la semaine ? Non. C’est le premier d’une ère nouvelle : le premier jour du nouveau-né, du nouveau chef de file de notre Humanité, Jésus ressuscité. Le récit de la Genèse nous rapporte en effet comment notre Créateur a fait l’homme le sixième jour, puis s’est reposé le septième. De même, Jésus notre Rédempteur s’est reposé le septième jour – il s’est endormi dans les bras de la Croix et a reposé au tombeau – pour renaître dans la Gloire le premier jour de la semaine suivante.

Laissons-nous renouveler de fond en comble par la Pâque du Christ ; par son « passage » en nous, en fréquentant avec confiance les sacrements de sa miséricorde : la confession qui nous fait sortir du tombeau où notre égoïsme tend à enfermer notre âme, l'eucharistie qui la nourrit de la vie même du Ressuscité.

 

Levons les yeux vers Marie pour que son engagement au service du mystère de la Rédemption, dont la Semaine Sainte est le point culminant, en vienne à nous conquérir.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - avril 2019

Pâque nouvelle !

Vivats, chants, drapeaux qui s'agitent dans le camp des vainqueurs, applaudissements nourris qui s'échangent..., n'est-ce pas un nouveau départ dans un élan d'allégresse ? Tel est le spectacle que produit un soir d'élection !

La Passion du Seigneur, cependant, nous met en garde contre la versatilité de la foule, la fragilité des enthousiasmes sentimentaux : hosannas, exubérance et palmes à l'entrée de Jérusalem..., vociférations, haine et mépris quelques jours plus tard ; de la part des mêmes pour la plupart, aux mêmes lieux et places : Jésus, crucifie-le, crucifie-le !

La Pâque, étymologiquement, est un « passage ». Soyons de bons passeurs : ancrons, par notre exemple et notre prière, nos amis dans la loyauté, la persévérance, la fidélité : vertus indispensables pour épanouir une personnalité et la rendre capable, comme la bonne terre de l'évangile, de recevoir la semence du ciel, la Parole de Dieu, et de lui faire porter du fruit.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - avril 2022

Dimanche des Rameaux

Le dimanche des Rameaux commence la Semaine Sainte au cours de laquelle Jésus meurt pour ressusciter. Et il nous entraîne dans l'espérance d'avoir part à son triomphe sur la mort, et de vivre en Dieu avec lui pour toujours.

Marie, première rachetée, la première aussi à qui Jésus ressuscité est apparu, est l'icône de la résurrection qui nous attend. Elle l'anticipe : en sa compagnie, nous sommes sûrs d'arriver à bon port. Autrement dit, la puissance de la résurrection s'accomplira en nous si, comme Elle, nous acceptons, par amour, de rester au pied de la croix.

Qu'est-ce que cela signifie ? À son cours de catéchisme, un petit commentait : s'aimer les uns les autres,  « c'est quand on est heureux d'être à deux ou à plusieurs » ! Pendant cette dernière étape de ma montée vers Pâques, je peux donc me demander : est-ce que par mon attitude, je nourris l'ambiance du Cénacle (prière, compréhension, communion) ou celle de Babel (critique, médisance, exclusion) ?

Aux enfants, on explique de façon familière que l'Esprit Saint est comme le cacao du petit déjeuner : si on ne le remue pas, il reste au fond ; mais si on le prie, il envahit peu à peu tout notre être et notre vie, comme chez sa bienheureuse épouse, la Vierge Marie.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - avril 2020

Carême confiné (2021)

Comme à l'accoutumée, le Carême va s'ouvrir par la célébration des Cendres. C'est un acte de foi significatif. Car leur imposition anticipe sur les effets de notre conversion pendant la « sainte quarantaine » ; à savoir réduire nos péchés en cendres. Surtout, c'est une marque de confiance envers Dieu dont seule la grâce peut rendre notre pénitence vraiment pénitente : intériorisée, efficace.

 

Cette année, le Carême a ceci de particulier qu'il va se dérouler dans une ambiance confinée. Et le couvre-feu lui donnera une portée pédagogique. Il requiert, en effet, de renoncer aux soirées, aux réjouissances nocturnes... Il encourage à faire la fête autrement : vie intellectuelle plus approfondie, vie de famille moins fragmentée, vie de piété mieux nourrie : autant de petites pratiques généreuses, ardentes comme des braises, qui vont couver dans l'âtre de notre âme et alimenter le feu nouveau de la vie pascale avec Jésus ressuscité.

 

Edito de l'Abbé Pégourier - février 2021

Carême 2022

« Qui fait la guerre oublie l'humanité » (Pape François) !

La conjoncture internationale comme le début du Carême nous invitent à nous affronter nous-mêmes et à réfléchir avec l'Esprit Saint qui nous anime de l'intérieur, pour susciter en nous une attention, une réponse, une conversation, une réciprocité. Il a poussé Jésus au désert, lieu de dépouillement et d'intériorisation, avant qu'il n'entame la phase publique de sa mission rédemptrice.

De même, il nous engage, dans les détails du quotidien, à la cohérence avec la foi que nous professons. Si nous avons reçu les cendres, c'est pour « brûler les vaisseaux » : autrement dit, pour renoncer, sans velléité de retour, aux commodités dans lesquelles nous nous enlisons, aux mauvaises habitudes que nous avons contractées ; bref, pour émerger enfin d'une médiocrité non encore dépassée.

Confiance et détermination ! Insurgeons-nous contre la paresse mentale, coupons les tentacules d'une sensualité rampante, cessons de justifier nos caprices et de nourrir notre appétit de domination... N'intellectualisons pas notre foi : nous ne ferions que la dissoudre.

Soyons précis, concrets. Fixons-nous des objectifs quantifiés, en nombre limité, mais auxquels nous nous attèlerons pendant cette « sainte quarantaine ».

La Vierge nous sourira d'autant plus que nous saurons l'accompagner dans sa veille de prière et d'amour au pied de la Croix.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - mars 2022

Carême 2023. Quarante jours ! Chiffre quasi mystique ...

Carême. Quarante jours ! Ce chiffre est quasi mythique. Il a un fort ancrage

dans la Bible : la durée du Déluge, celle de l’Exode ou encore du jeûne de

Jésus au désert, etc.

Et, au-delà, il manifeste une omniprésence dans nos vies.

Pour quelle raison ?

Peut-être est-ce dû simplement au fait de dénombrer une certaine quantité d'objets ou une population, dont l'importance ne peut se compter sur les doigts des deux mains, sans pour autant être hors d'imagination.

En tout cas, il est lié à l’idée d’une maturation non dénuée d’efforts : à preuve les quarante jours passés par Moise sur le Sinaï ou, chez nous, le numerus clausus de l’Académie française dont l’entrée ne peut être obtenue, pourrait-on dire, qu’au bout de l’épée.

Il évoque également une période de formation censée déboucher sur un changement de vie significatif : dans l’Égypte antique, on enterrait le pharaon 40 jours après sa mort, pour le préparer au grand voyage ; et dans le Nouveau Testament, c’est le temps pris par le Seigneur après sa Résurrection, pour enseigner ses disciples jusqu'à son Ascension. Pour sa part, la sagesse populaire considère traditionnellement le «cap de la quarantaine» comme un tournant essentiel de l’existence.

Nous, les chrétiens, nous ne pouvons pas ne pas penser aux 40 martyrs de Sébaste qui entrèrent à quarante dans l’épreuve pour obtenir 40 couronnes.

Aussi nous faisons-nous l’écho de l’appel de Jean-Paul II à redevenir une Église de saints en ce nouveau millénaire. Recourons donc à l’intercession de saint Joseph pour transformer à sa suite les difficultés du quotidien en opportunités d’aimer plus vrai, et d’œuvrer pour le bien et le bonheur d’autrui.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - mars 2023

Epiphanie

L’Épiphanie, dont nous vivons l’octave ces jours-ci, est la « manifestation » du Sauveur aux nations païennes dont les Mages furent les prémices : une fête dont le faire-part reproduirait ce message de Dieu aux hommes : « tous, vous êtes conviés au ciel » !

Ce signe dans le firmament, qui a sensibilisé ces savants venus d’Orient, « ce n’était pas une étoile ordinaire, ni même une étoile mais, sous cette forme extérieure, une vertu invisible qui se cachait» (saint Jean Chrysostome) : celle-ci les toucha au plus intime, ouvrit leur cœur à l’espérance d’une vie nouvelle, et les détermina au voyage.

Cette octave est comme l’extension de l’Épiphanie à notre vie intérieure : nous aussi,  sortons de la routine, extrayons-nous du ronron, renonçons au conformisme ; laissons-nous guider, fixons-nous des objectifs de route, comme les Mages. En définitive, permettons à l’Esprit Saint, Digitus paternae dexterae[1], « Doigt de la puissance divine », d’être la force et la lumière de nos cœurs.

Sainte année ! 

[1]          Hymne Veni Creator.

Texte de l'image : 

Comme les Rois Mages, nous avons découvert une étoile, lumière et chemin, dans le ciel de notre âme.

Saint Josemaria

 

Editorial de l'abbé Pégourier - janvier 2019

Immaculée Conception

Le 8 décembre prochain, comme chaque année lors de cette fête lumineuse, nous sommes invités à nous associer de près à l’élan d’amour que la Vierge immaculée suscite dans le monde. La coutume de la Neuvaine est une façon d’y répondre.

À quoi nous engage-t-elle concrètement ? À réserver chaque jour à Notre Dame une attention, une prière, une démarche, un petit quelque chose imprégné du tendre murmure de notre dévotion. Trois illustrations à titre d’exemples :

  • le chapelet où Marie nous offre son cœur et son regard pour contempler la vie de son Fils 
  • la prière du Souvenez-vous où elle se penche avec mansuétude sur ceux de ses enfants qui souffrent, et les anime d’une confiance inébranlable ;
  • la quête du sourire de la Belle Dame, à l’instar de Bernadette à Lourdes : il est le vrai reflet de la tendresse de Dieu, la voie d’accès privilégiée à la révélation de son mystère, la source d’une espérance invincible.

 Quêter ce sourire, c’est cueillir la gratuité de l’amour ; c’est déjà livrer sa bonne volonté en vue d’accomplir ses devoirs journaliers ; c’est le signe, non d’un pieux enfantillage, mais de la maturité spirituelle de ceux qui se savent faibles et démunis dans la vie.

Échanges, sourires, prières …, autant de lumières qui, dans l’obscurité de nos tâtonnements, nous attirent de proche en proche jusqu’à Elle, Porte du ciel.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - décembre 2018

Avent

La pandémie qui nous afflige ralentit notre activité, retarde les retrouvailles familiales, nous demande d'ajourner des échéances... Elle est ressentie, notamment par les jeunes, comme un frein à leur développement personnel. Aussi est-elle source d'inquétude, d'anxiété, souvent de découragement.

 

Ne passons pas à côté de l'Avent ! Il nous invite à nous tourner vers le Seigneur qui vient avec puissance éclairer notre regard, et faire tomber les « écailles » de nos yeux, pour convertir les retards contrariants du courant en une temporalité heureuse où nous cessons de nous soumettre à la pression de l'immédiat efficace. C'est alors que nous émergeons du règne de l'éphémère, pour revaloriser le monde qui est en nous et qui nous entoure.

 

Tirons parti de l'attente pour chercher à être meilleurs : l'Avent est d'une grande richesse car il forme en nous la vertu de l'espérance. C'est une vertu performative : elle rend performante notre attente du Sauveur, elle fait de ce temps liturgique privilégié le temps du désir de Dieu. Manifestons-le lui avec cette prière du Catéchisme, "patinée" par la piété de siècles de fidèles : « mon Dieu, j'espère avec une ferme confiance, que tu me donneras, par les mérites de Jésus-Christ, ta grâce en ce monde et la vie éternelle dans l'autre ».

 

Editorial de l'Abbé Pégourier - décembre 2020

Porter la lumière du ciel

Nous sommes à l'heure des Jeux Olympiques. Leurs rituels nous sont familiers: cérémonie d'ouverture, arrivée dans le stade du drapeau aux cinq anneaux, qui symbolise l'universalisme de l'esprit olympique, flamme qui précédemment, comme dans l'Antiquité, a été allumée dans le temple d'Héra (actuellement en ruines) par un miroir parabolique concentrant les rayons du soleil... Elle est ensuite portée en procession, comme s'il s'agissait d'une relique, avant de passer dans une torche au premier relayeur.

Les païens cherchaient à sacraliser leurs rites. Du moins en conservons-nous la valeur symbolique, notamment en ce qui concerne la course de relais jusqu'au lieu actuel des Jeux : la flamme est transmise, des anciens aux futurs champions.

On disait de Jean-Paul II qu'il portait l'Église sur son dos, comme un sac tyrolien. Les chrétiens ne sont-ils pas faits pour être, comme lui, des sportifs de Dieu, des champions de la foi ? Pour porter la lumière du ciel et la faire passer de proche en proche à travers leur ouverture d'esprit et leur générosité de cœur ? Assurément : « Je voudrais écrire des livres de feu, parcourant le monde comme une flamme vive, qui communique lumière et chaleur aux hommes, qui transforme en braises ardentes leurs pauvres cœurs, et les rendent dignes d'être présentés à Jésus, comme des rubis destinés à sa couronne de Roi » (saint Josémaria).

 

Editorial de l'abbé Pégourier - février 2022

Savoir écouter

En cette nouvelle année, soyons « résolument optimistes », non par volontarisme, mais parce que notre vocation de chrétiens nous en donne les moyens.

Dieu, en effet, parle dans le secret. Alors, « écoute la voix du Seigneur, prête l'oreille de ton coeur » ! Ce n'est pas tant une question d'ouïe que de dispositions intimes.

Un vieille maxime affirme : « Ferme les yeux et tu verras Dieu » ; autrement dit, éteins les écrans qui te captivent pour que s'ouvrent les fenêtres de ton âme.

Et encore : « Ferme les oreilles et tu entendras » ! Ferme-les au bruit des media, aux paroles oiseuses et insidieuses...

Imitons la Vierge qui méditait dans son cœur, non seulement les événements dans leur déroulement, mais aussi dans leur contexte ; et surtout l'enseignement, et les faits et gestes de son Fils.

 

Editorial de l'abbé Pégourier - janvier 2022

Encyclique Fratelli tutti du pape François

C'est la publication de la 3e encyclique du pape François, Fratelli tutti, qui polarise ce mois d'octobre. Il l'a signée à Assise. Il manifeste ainsi que le renouveau de l'Église doit s'effectuer sous l'égide du Poverello. Saint François, en effet, a été l'un des piliers de la rénovation de l'Église de son temps ; et il se voulait le frère de tous les êtres de la Création, pas seulement des humains, mais encore du soleil, de l'eau, du loup...

 

C'est une encyclique sociale où il insiste sur une double nécessité :

- celle de l'amour fraternel, indispensable à la construction d'une société plus juste ; sans quoi, cela ne peut tenir. Aussi le cœur du texte est-il la figure du bon Samaritain (chap. 2):

- celle du dialogue, de la rencontre : Ne restez pas entre vous ! Vous ne pourrez être vous-mêmes qu'ouverts, dans un monde ouvert. Mais vous n'y parviendrez, et ne deviendrez les frères de tous que si vous priez.

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Rosaire

Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa - rosae, rosae, rosas, rosarum, rosis, rosis ! C’est la chanson des roses : elle anime l’une des déclinaisons du latin – langue morte réputée difficile – pour en faire un tango entraînant. De même, en ce mois d’octobre dédié à la Vierge, nous sommes invités à faire des Ave de notre chapelet, un rosaire vivant. Mais si cette dévotion répétitive nous lasse, ne serait-ce pas parce qu’il y manque une musique intérieure, celle qui naît d’un cœur aimant ?

À ce propos, saint Josémaria rapportait un souvenir d’enfance : « Il était courant alors que les jeunes de villages aillent, guitare au bras, donner une aubade à leur fiancée (…) Tout en chantant, leurs pensées peut-être s’échappaient par moments ; ils étaient pourtant là, par amour, au bas de la fenêtre. Quoique vous ayez des distractions dans la récitation de votre chapelet, continuez à le prier : c’est comme chanter la sérénade, et jouer de la guitare, par amour ». Pour sa part, comme une fiancée, Marie se plaira à écouter cette douce musique du Salut qui l’enchante ! Elle l’avoue elle-même lors des apparitions de l’Ile Bouchard (1947) : mardi 9 décembre, au bout d’une dizaine de chapelet, la Dame apparaît et organise elle-même la prière : « Chantez le“ Je vous salue, Marie ”, ce cantique que j’aime bien, demande -t-elle aux jeunes voyantes. Elle le réclamera de nouveau le 11 et le 13. Et les enfants chantent, pour faire plaisir à la Dame.

Est-il bien raisonnable, par conséquent, de prier comme un automate, ou de mâchonner ses Ave, l’un après l’autre ? Non. Ouvrons les yeux. Rendons-nous compte ! Fais-toi petit. Le Seigneur se cache aux orgueilleux et montre les trésors de sa grâce aux humbles. En ce mois d’octobre, faisons droit avec confiance au message du Saint Père qui nous demande, pour que Marie défende l’Église, de prier quotidiennement, avec notre chapelet, l’invocation Sous l’abri de ta miséricorde et la prière de Léon XIII à saint Michel Archange.