Editoriaux mensuels de l'abbé Pégourier


Edito de l'abbé Pégourier - janvier 2022 : Savoir écouter

En cette nouvelle année, soyons « résolument optimistes », non par volontarisme, mais parce que notre vocation de chrétiens nous en donne les moyens.

Dieu, en effet, parle dans le secret. Alors, « écoute la voix du Seigneur, prête l'oreille de ton coeur » ! Ce n'est pas tant une question d'ouïe que de dispositions intimes.

Un vieille maxime affirme : « Ferme les yeux et tu verras Dieu » ; autrement dit, éteins les écrans qui te captivent pour que s'ouvrent les fenêtres de ton âme.

Et encore : « Ferme les oreilles et tu entendras » ! Ferme-les au bruit des media, aux paroles oiseuses et insidieuses...

Imitons la Vierge qui méditait dans son cœur, non seulement les événements dans leur déroulement, mais aussi dans leur contexte ; et surtout l'enseignement, et les faits et gestes de son Fils.

Edito de l'abbé Pégourier - décembre 2021

Avent, temps de préparation à Noël ! Quatre petites semaines pour représenter les millénaires d'attente d'un rédempteur, d'un restaurateur de notre humanité dégradée par la prévarication de nos premiers parents. Comme l'indique saint Augustin, quoique Père, Dieu ne répond pas toujours avec empressement à nos prières car il veut creuser en nous le désir d'être exaucés.

Étymologiquement, « Avent » signifie « Bienvenue » : ce temps d'attente est aussi celui de l'expression de notre désir inné de Dieu.

La Vierge attendait avec amour (2e préface de l'Avent). Elle a fait sien ce désir et, elle le confesse dans son Magnificat, elle le fait grandir en elle par sa fidélité. Elle est notre Mère, l'éducatrice de ce qu'il y a en nous de plus de plus intime, de plus authentique : notre cœur.

Nous te le confions, toi notre Dame ! Touche-le, prépare-le : ravive en lui l'ardeur d'aimer Dieu comme il l'attend ; que Jésus, en y descendant à Noël, le trouve propre et chaud ; qu'il soit le lieu de son repos au milieu des avanies et de l'hostilité du monde !

Edito de l'Abbé Pégourier - novembre 2021 : Automne

Ce mois de novembre s'annonce rigoureux et froid : pluie, neige et moins de dix jours au sec ! La Nature a changé sa palette : les couleurs vives de l’été sont passées ; l’ocre, la violine et le brun terreux composent désormais la toile de nos journées. Tel Verlaine, leur laisserai-je teinter ma vie intérieure de mélancolie et de tristesse : « Et je m’en vais au vent mauvais qui m’emporte, deçà, delà, pareil à la feuille morte » ?

Point ! L'automne est une saison paradoxale qui écrit déjà à l’encre mordorée sa parabole de résurrection, où la sève prépare secrètement le temps du renouveau. De son côté, la liturgie nous rappelle, en ce mois des défunts, que leur mort ne signifie pas leur disparition définitive ; c'est une nouvelle route vers l’éternité de Dieu, qui s'ouvre devant eux.

Encourageons-les à marcher s'ils sont encore en chemin ! Et de même que nous renforçons notre esprit d'équipe avec les bienheureux du ciel, de même, nous prions avec insistance pour les âmes du Purgatoire : que leurs péchés soient pardonnés, que leurs fautes ne leur soient pas comptées, qu’elles s'abandonnent à la Miséricorde divine pour être libérées et entrer dans la danse des élus !

Edito de l'Abbé Pégourier - octobre 2021 : le rosaire, ma prière préférée

Le mois d'octobre est le mois du rosaire : une dévotion « poussiéreuse » aux dires de certains, qui remonte au Moyen Âge. C'est vrai, elle a été promue par saint Dominique. Mais c'est plutôt notre vie qui, souvent, est poussiéreuse. En effet, notre ordinaire sans cesse balayé par les flots des informations et le tumulte des agitations nous conduit, par habitude, à ne vivre qu'à la surface de nous-mêmes. Notre activité multiforme atomisée  et le flot décousu de nos paroles ne manifestent-ils pas que nous ne faisons, sur notre chemin, que soulever de la poussière ?

Pour développer notre vie intérieure, la prière doit descendre des lèvres au cœur, jusqu'au centre de nous-mêmes, ce lieu où se noue l'alliance avec Dieu « présent dans le secret ».

Le rosaire est une prière de répétition. Il est nourri de l'Évangile. Il a pour but d'attendrir la dureté de notre cœur, de l'ensemencer des paroles de la vie éternelle, d'être le relais de la patience de Dieu envers les âmes. Il nous habilite à méditer avec Marie la vie de Jésus.

Avec elle, soyons des acteurs de la Miséricorde : faisons une rose de chacun des Ave de notre chapelet !

Edito de l'Abbé Pégourier - septembre 2021 : bonne rentrée !

Le retour des vacances est souvent l'occasion de tensions : rentrée des

classes, reprise du rythme de la vie ordinaire avec ses échéances

habituelles, domestiques, professionnelles...

Cette année, en outre, l'ambiance est chargée d'animosité :

manifestations antivax, antipass..., méfiance et résignation.

Raison de plus pour « faire la différence » !

Ne sommes-nous pas, par vocation, des semeurs de paix et de joie ?

Alors, optimisme car notre monde est le lieu de notre rencontre avec Dieu ; vision positive des choses car la Providence se cache derrière les événements du quotidien ; sourire qui apaise et réconforte, avant-goût du ciel qui vaut tous les paysages admirés pendant l'été !

Edito de l'Abbé Pégourier - juillet 2021 : l'école de St Benoît

Le mois de juillet est un mois privilégié : il compte les plus beaux jours de l'année avec ses longues soirées en lumière naturelle, ses pauses partagées en terrasse, la proximité attrayante des vacances...

Il gravite autour de la fête de saint Benoît, le patron de l'Europe, qui a voulu fonder une école où l'on apprenne à « servir le Seigneur » : école de vie intérieure afin d'être « béni » de Dieu – selon l'étymologie du prénom – en faisant cas de ses desseins avec une cœur libre.

Mais, dans nos actions, pour être cohérents avec notre foi, il nous faut de la motivation. Où la trouver ? L'Écriture nous l'indique: Dans ma prière, le feu s'enflamma !

Continuons donc à baliser le parcours de nos journées de quelques normes de piété, moments d'intimité partagée avec Jésus et Marie. C'est le duo de la réussite de l'oeuvre de la Rédemption ; ce peut être aussi celui de notre salut.

Et demandons : Bénis-moi, Seigneur. Reçois mon désir de te fréquenter de plus près, de t'aimer plus fort !

Edito de l'Abbé Pégourier - juin 2021 : Pain de la route

Des lycéens passent régulièrement à Neuffont, soit en groupe pour participer aux séances "thegrade", soit individuellement pour s'entretenir avec leur «coach». Ils ont ainsi l'occasion de progresser pour en venir à trouver leur voie dans la vie.

La Fête-Dieu s'inscrit dans la même perspective. Liturgiquement, elle représente le parcours des disciples d'Emmaüs en compagnie du Seigneur, au terme duquel ils se convertissent :

– ils le reconnaissent à l'étape à la fraction du pain ;

– ils se rendent compte qu'il est vraiment ressuscité ;

– désormais, ils organisent leur vie en cohérence avec le message de la Révélation.

Les fidèles qui suivent une procession au Saint Sacrement dans les rues de la ville semblent au départ timides, soucieux du regard d'autrui... Progressivement sur le chemin, ils affermissent leur allure et leur détermination. De même, dans l'échange avec leur compagnon de voyage, ces disciples émergent peu à peu, de leurs préjugés (la Résurrection : des racontars de bonnes femmes), de leur vision humaine d'un Messie temporel... Dans leur conduite, ils en viennent à se laisser mesurer par le Christ.

Suivons leur exemple. Avançons dans l'existence avec la force du Pain de vie, « le Pain de l'homme en route, le vrai Pain des enfants de Dieu, qu'on ne peut jeter aux chiens » (c'est à dire mésestimer).

Edito de l'Abbé Pégourier - mai 2021 : Marathon de prière

Depuis des années, la course à pied jouit d'une grande popularité et répond à une kyrielle d'appellations : footing, trail, jogging, raid, cross, run, duathlon... Le succès de ce sport s'explique entre autres par son faible coût, ses répercussions positives sur la santé, le bien-être apporté, la zénitude... Avec la levée du confinement et l'arrivée des beaux jours, sans doute les coureurs vont-ils remplir chaussées, allées, pistes et itinéraires !

Parmi les diverses épreuves, le marathon est la plus emblématique. Le pape François en a tiré parti pour proclamer un « marathon de prière » pour le mois de mai, relayé par trente sanctuaires marials répartis de par le monde. L'objectif est d'obtenir de la Vierge la fin de cette pandémie qui blesse l'humanité entière, et d'encourager le plus grand nombre à une dévotion confiante envers Marie.

Un parcours marathonien est une épreuve d'endurance. De façon analogue, au plan spirituel, la prière quotidienne du chapelet jusqu'au 31 mai est un engagement d'amour ; et d'un amour vrai qui s'épanouit dans la durée.
En effet, 
« commencer est à la portée de beaucoup, finir à celle d'un petit nombre » (saint Josémaria).

Alors, joyeux dans l'espérance, regardons haut et loin, le chapelet en main, pour assurer la sécurité de nos lendemains !

Edito de l'Abbé Pégourier - avril 2021 : Pâque fleurie

À l'occasion de la bénédiction Urbi et Orbi, le balcon du pape et la place Saint Pierre se sont parés, comme à l'accoutumée, d'une richesse florale exubérante, cette année centrée sur l'anthurium, plante au look puissant dont la beauté exotique se décline en fleurs en forme de cœur. Elles symbolisent l'amour passionné du Christ qui nous a arrachés au pouvoir du démon par la force de sa résurrection.

Celle-ci a lieu dans un jardin : un jardin fleuri, un jardin de  printemps. Alors, vite, cueillons-les, ces fleurs : la joie, la paix, l'élan, la magnanimité, le recueillement aussi. Offrons-les avec gratitude au Ressuscité. Notre vie intérieure prendra des couleurs, celles de la Bonne Nouvelle !

Edito de l'Abbé Pégourier - mars 2021

Au plan liturgique, chaque mois a sa tonalité. Le mois de mars est celui de saint Joseph : davantage encore en cette année qui lui est dédiée.

Comment ne pas remarquer le contraste saisissant entre ses titres de gloire, et sa notoriété ? Vice-père du Christ, Époux de la Vierge immaculée, Chef de la Sainte Famille, Gardien du Rédempteur, Patron de l'Église catholique, des travailleurs, de la bonne mort..., c'est le plus grand des saints ! Pourtant il est passé inaperçu à son époque comme pendant de nombreux siècles du christianisme. Impressionnant déphasage ! Comment s'explique-t-il ?

Joseph est « l'homme du silence » : il a préféré le dialogue avec Dieu à l'intérieur de lui-même aux bavardages inconsistants du monde. Dans la vie ordinaire qu'il a menée, comme la nôtre, il a su se rendre perméable aux desseins divins pour les incorporer à sa conduite. Il a pu ainsi tirer son « épingle » – celle de la Sainte Famille qu'il gouvernait – du jeu des circonstances hasardeuses de la vie auxquelles il fut confronté.

Nous vivons dans un monde culturellement submergé de paroles, souvent privées de signification profonde. Le Carême nous encourage à nous créer des espaces de silence afin d'ouvrir à nouveau notre cœur à la Parole de vérité et à la voix du ciel.

Prenons appui sur le saint patriarche et recherchons, à travers les aléas de l'existence qui nous déstabilisent ou nous contrarient, la logique de Dieu ; pour accueillir comme venant de lui, les événements, et les personnes qui nous entourent.

Edito de l'Abbé Pégourier - février 2021

Comme à l'accoutumée, le Carême va s'ouvrir par la célébration des Cendres. C'est un acte de foi significatif. Car leur imposition anticipe sur les effets de notre conversion pendant la « sainte quarantaine » ; à savoir réduire nos péchés en cendres. Surtout, c'est une marque de confiance envers Dieu dont seule la grâce peut rendre notre pénitence vraiment pénitente : intériorisée, efficace.

 

Cette année, le Carême a ceci de particulier qu'il va se dérouler dans une ambiance confinée. Et le couvre-feu lui donnera une portée pédagogique. Il requiert, en effet, de renoncer aux soirées, aux réjouissances nocturnes... Il encourage à faire la fête autrement : vie intellectuelle plus approfondie, vie de famille moins fragmentée, vie de piété mieux nourrie : autant de petites pratiques généreuses, ardentes comme des braises, qui vont couver dans l'âtre de notre âme et alimenter le feu nouveau de la vie pascale avec Jésus ressuscité.

Edito de l'Abbé Pégourier - janvier 2021

Échapperons-nous à un troisième confinement ? Saurons-nous nous prémunir contre le « rebond épidémique » ? L'ambiance de ce début d'année semble correspondre à la morosité du climat et aux défaveurs de la météo.

Néanmoins, même si les indicateurs sociaux stagnent dans le négatif, il nous reste à nous, chrétiens, l'espérance.

Elle n'est pas qu'une information sur le meilleur à venir, à savoir le ciel pour toujours. Elle est surtout performative, en ce sens qu'elle modifie notre regard sur le monde ; elle ouvre la porte obscure du temps pour nous stimuler à vivre autrement : à l'heure des Béatitudes. L'étoile qui a guidé les Mages jusqu'à Bethléem était d'abord une lumière dans leur conscience. Elle éclaire aussi nos cœurs, et nous fera intérioriser la Bonne Nouvelle qui, alors, resplendira dans notre vie.

Edito de l'Abbé Pégourier - décembre 2020

La pandémie qui nous afflige ralentit notre activité, retarde les retrouvailles familiales, nous demande d'ajourner des échéances... Elle est ressentie, notamment par les jeunes, comme un frein à leur développement personnel. Aussi est-elle source d'inquétude, d'anxiété, souvent de découragement.

 

Ne passons pas à côté de l'Avent ! Il nous invite à nous tourner vers le Seigneur qui vient avec puissance éclairer notre regard, et faire tomber les « écailles » de nos yeux, pour convertir les retards contrariants du courant en une temporalité heureuse où nous cessons de nous soumettre à la pression de l'immédiat efficace. C'est alors que nous émergeons du règne de l'éphémère, pour revaloriser le monde qui est en nous et qui nous entoure.

 

Tirons parti de l'attente pour chercher à être meilleurs : l'Avent est d'une grande richesse car il forme en nous la vertu de l'espérance. C'est une vertu performative : elle rend performante notre attente du Sauveur, elle fait de ce temps liturgique privilégié le temps du désir de Dieu. Manifestons-le lui avec cette prière du Catéchisme, "patinée" par la piété de siècles de fidèles : « mon Dieu, j'espère avec une ferme confiance, que tu me donneras, par les mérites de Jésus-Christ, ta grâce en ce monde et la vie éternelle dans l'autre ».

 

Edito de l'Abbé Pégourier - novembre 2020

On parle parfois d'un « temps de Toussaint » : ciel bas à l’horizon, morosité dans les cœurs. La conjoncture actuelle rend la grisaille plus que jamais tenace : nouveau confinement général, attentats à répétition...

Lors de la messe de la Solennité, nous avons écouté ce passage de l'Apocalypse où Jean annonce la fin du monde. Cette crise sanitaire et sociale, ces actes barbares n’en seraient-ils pas les signes avant-coureurs ?

 

En réalité, la Toussaint a une dimension paradoxale. Dans ce contexte de cafard en effet, la liturgie nous offre pour viatique, rien moins que les Béatitudes : Heureux les pauvres de cœur, les affamés de justice,  les artisans de paix… (Mt 5,3.6.9). Se référant peut-être à la préface de la fête qui nous encourage à marcher avec entrain vers la Jérusalem céleste, André Chouraqui, dans sa traduction de la Bible, remplaçait

« heureux » par « en marche » : en marche les cœurs purs, ils verront Dieu..!

Ainsi, en dépit de nos fragilités et à l'intérieur de nos limites, nous ne cèderons pas à la peur ni au conformisme. Misant sur la divine espérance, contre vents et marées, nous oserons croire que notre longue marche dans le temps rejoindra la foule immense de ceux qui se tiennent debout devant le Trône et devant l'Agneau.

Edito de l'Abbé Pégourier - octobre 2020

C'est la publication de la 3e encyclique du pape François, Fratelli tutti, qui polarise ce mois d'octobre. Il l'a signée à Assise. Il manifeste ainsi que le renouveau de l'Église doit s'effectuer sous l'égide du Poverello. Saint François, en effet, a été l'un des piliers de la rénovation de l'Église de son temps ; et il se voulait le frère de tous les êtres de la Création, pas seulement des humains, mais encore du soleil, de l'eau, du loup...

 

C'est une encyclique sociale où il insiste sur une double nécessité :

- celle de l'amour fraternel, indispensable à la construction d'une société plus juste ; sans quoi, cela ne peut tenir. Aussi le cœur du texte est-il la figure du bon Samaritain (chap. 2):

- celle du dialogue, de la rencontre : Ne restez pas entre vous ! Vous ne pourrez être vous-mêmes qu'ouverts, dans un monde ouvert. Mais vous n'y parviendrez, et ne deviendrez les frères de tous que si vous priez.

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Edito de l'Abbé Pégourier - septembre 2020

Le Tour de France passe chez nous cette année. De nos jours, ce n'est plus un long circuit continu enveloppant l'Hexagone. Il est fractionné en diverses étapes souvent non contiguës. Mais le temps du Tour, lui, est une réalité homogène, avec son suivi télévisé et touristique, sa caravane aux véhicules colorés et aux chars décorés, qui suit le parcours en distribuant des cadeaux promotionnels aux petits et grands.

Notre chemin dans l'existence n'est pas non plus linéaire. Et nous aussi, nous recevons des faveurs lors du passage dans notre âme de la joyeuse sarabande des élus . Encore nous faut-il être attentifs au « temps de la grâce » et unir nos activités multiples par la trame intime de la contemplation.

La capitale de l'Auvergne s'est parée de milliers de fleurs en ronds-points, massifs et mosaïcultures pour accueillir « la Grande Boucle ». Avec ses nombreuses fêtes de la Vierge (Nativité, saint Nom, les Douleurs, la Merci), le mois de septembre nous invite à fleurir notre cœur en l'honneur de la Grande Mère de Dieu !

Alors, optimisme et courage pour les nouvelles « aventures » de cette année !

 

Edito de l'Abbé Pégourier - juillet 2020

Partis en Europe de différents points, des milliers de pèlerins marchent ces jours-ci sur les routes de Saint-Jacques. Même si nous n'allons pas à Compostelle, les chemins de l'été nous conduisent tous, comme eux, au « champ des étoiles » (étymologie possible du nom du nom du lieu où auraient été découverts les restes de l'apôtre).

Car ces chemins sont ceux de la vie ordinaire : bouchons de départs en vacances, changements de rythmes de vie, retrouvailles familiales... : des situations souvent heureuses et chaleureuses, parfois énervantes et contrariantes, mais que nous savons imprégner de la sérénité de qui se sait avancer, comme Jacques, vers le « champ des étoiles ». D'autant que, selon une révélation à Maria d'Agreda, la Vierge aurait visité par deux fois son apôtre pour le soutenir dans sa tâche évangélisatrice de la péninsule ibérique. Alors,

Regarde l’étoile, invoque Marie,

Si tu la suis, tu ne crains rien !

Regarde l’étoile, invoque Marie,

Elle te conduit sur le chemin !

 

N'est-ce pas un refrain adapté au temps de l'été ?

Edito de l'Abbé Pégourier - juin 2020

Autrefois, la Pentecôte était dotée d'une octave, sorte de rampe de lancement liturgique, pour encourager les fidèles à développer leurs potentialités apostoliques pendant ce vaste champ spatio-temporel qui s'étend jusqu'à la fête du Christ-Roi.

C'est le temps du mûrissement des enseignements du Seigneur avec la complicité de l'Esprit Saint, notre confident, qui cherche à faire brûler notre cœur comme pour les disciples d'Emmaüs.

Sous son ombre, la Vierge a conçu dans sa chair (cf. Angelus). Pour notre part, sachons tirer de sa fréquentation des idées fortes et lumineuses. Prions-le donc avec constance : « Viens en nous, père des pauvres... et envoie du ciel un rayon de ta lumière » (Séquence de la Pentecôte).

Edito de l'Abbé Pégourier - mai 2020

Nous voici au « joli mois de mai ». Cette année, il achève le temps pascal. Avec une singularité toutefois : ces cinquante jours traditionnels de préparation à la Pentecôte prolongent la « sainte quarantaine » du Carême, non seulement au plan liturgique, mais encore au plan sanitaire.

Celle-ci nous encourage à nous recentrer sur l'essentiel : la vie relationnelle, qu'elle soit spirituelle, ou familiale et sociale dans les limites de la distanciation imposée par la pandémie ; elle pénètre nos esprits des avantages de cette pause obligée dans notre rythme de vie marqué au coin de l'activisme collectif : retour à un élan communautaire, purification du ciel, diminution de la pollution et du bruit... On se prend à réinventer l'avenir !

Gardons-nous des utopies. Mais aussi du risque de nous laisser reprendre, une fois la crise achevée, par des habitudes relativistes, consumméristes, égoïstes. Nous en sommes convaincus : il n'est pas possible de promouvoir  un « homme nouveau », une société heureuse, sans évacuer le « vieil homme », sans un changement intérieur personnel.

 

Autrefois, la coutume des vierges pèlerines était fortement enracinée. Et c'est l'accueil d'une statue de « Notre-Dame-des-Victoires » qui donna l'occasion à la famille Martin de faire une neuvaine à domicile au cours de laquelle la petite Thérèse fut guérie. Aujourd'hui, le pape François nous encourage à recevoir chez nous Marie, « signe de salut et d'espérance », à travers la récitation quotidienne du chapelet en famille. Là où elle passe, Dieu passe avec elle, comme l'illustre la petite doxologie qui termine chaque dizaine.

Mère très sainte, « resplendis sur notre chemin » pour l'ouvrir à un bonheur durable ! Ce confinement forcé en sera le prélude si nous en faisons une quarantaine mariale !

 

Edito de l'Abbé Pégourier - avril 2020

Le dimanche des Rameaux commence la Semaine Sainte au cours de laquelle Jésus meurt pour ressusciter. Et il nous entraîne dans l'espérance d'avoir part à son triomphe sur la mort, et de vivre en Dieu avec lui pour toujours.

Marie, première rachetée, la première aussi à qui Jésus ressuscité est apparu, est l'icône de la résurrection qui nous attend. Elle l'anticipe : en sa compagnie, nous sommes sûrs d'arriver à bon port. Autrement dit, la puissance de la résurrection s'accomplira en nous si, comme Elle, nous acceptons, par amour, de rester au pied de la croix.

Qu'est-ce que cela signifie ? À son cours de catéchisme, un petit commentait : s'aimer les uns les autres,  « c'est quand on est heureux d'être à deux ou à plusieurs » ! Pendant cette dernière étape de ma montée vers Pâques, je peux donc me demander : est-ce que par mon attitude, je nourris l'ambiance du Cénacle (prière, compréhension, communion) ou celle de Babel (critique, médisance, exclusion) ?

Aux enfants, on explique de façon familière que l'Esprit Saint est comme le cacao du petit déjeuner : si on ne le remue pas, il reste au fond ; mais si on le prie, il envahit peu à peu tout notre être et notre vie, comme chez sa bienheureuse épouse, la Vierge Marie.

 

Edito de l'Abbé Pégourier - mars 2020

Ce Carême a vraiment un goût de cendre : après les scandales de société qui font douter de tout, même de l'Église, les grèves à répétition qui minent le désir du vivre ensemble, l'insuffisance avérée de nos institutions à relever les défis de notre temps..., voilà à présent l'épidémie aux portes de notre pays ! Un album d'Astérix peut bien nous rappeler que Coronavirus le Romain, quoique courant masqué sur son char, finit par être vaincu par les irréductibles Gaulois, l'horizon du quotidien, loin de nous réconforter, nous fait  respirer avec difficulté.

Je lève les yeux vers les montagnes. D'où me viendra le secours ? demande le psalmiste. Le secours me vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.…

C'est dans ce regard vers le haut que consiste la conversion cuaresmale. Plus que l'effort de mieux nous conduire, c'est prendre la main du Christ et choisir de monter vers lui. Cela réclame une prière qui vienne du cœur, une pénitence consentie par amour, un souci exclusivement bienveillant pour autrui. Une chose encore : sourions. nous sommes en Carême !

 

Edito de l'Abbé Pégourier - février 2020

Dans quelques jours, nous entrerons en Carême. Il arrive vite, cette année : six semaines de Temps ordinaire, et nous y voilà déjà ! N'est-ce pas une façon pédagogique d'attirer notre attention sur l'urgence de notre conversion ? En effet, toute la mission du Christ se reflète dans les premiers mots de sa prédication, au tout début de sa vie publique : "Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle"!

Message rugueux, sans doute mais que la Vierge sait adoucir. Cela ressort des enseignements que nous pouvons tirer des apparitions de Lourdes. Bernadette emporta dans son cœur à Nevers un coin de ciel, cet espace de contemplation et de dialogue avec la "jeune fille blanche" de Massabielle" : au couvent, en dépit de tant d'incompréhension et d'humiliations, elle en tira parti et demeura fidèle.
Prenons-en de la graine ! Une dévotion tendre pour Marie est le chemin le plus sûr dans la vie

Edito de l'Abbé Pégourier - janvier 2020

Qui sont ces Mages que nous avons célébrés lors de l'Épiphanie ? Nous ne savons pas exactement : sans doute des savants passionnés par la course des astres. En revanche, entre les lignes de l'évangile nous comprenons  qu'ils ne se sont pas mis en route pour des motifs scientifiques mais religieux. Mathieu nous parle en effet de Mages venus d'Orient. Or, Bethléem est déjà une localité d'Orient. C'est donc qu'ils sont venus de plus à l'Est. Autrement dit, ils ont suivi le « doigt de Dieu » dans leur conscience, cette lumière du bout de l'Orient qui éclaire l'obscurité de notre existence.

Pour que les mois à venir répondent aux souhaits de « bonne année » que nous avons échangés, laissons nous guider par l'étoile. Comme pour les Mages, dans le clair obscur de notre vie, elle pâlit parfois jusqu'à disparaître aux yeux de notre âme. D'où l'importance de demander, comme ils le firent, notre chemin aux personnes en mesure de nous communiquer les données sûres, celles de la Révélation ; en d'autres termes, de nous laisser accompagner spirituellement.

 

Ainsi, nous pourrons ambitionner une bonne année et, davantage encore, une sainte année !

Prier pour les âmes du purgatoire

Le mois de la mission s'est achevé mais nous sommes à présent mandatés auprès de nos défunts et, plus largement, auprès des âmes du purgatoire pour élever des suffrages et ainsi, écourter le « temps » de leur douloureuse attente à la porte du ciel. Elles se purifient des séquelles laissées dans leur âme par leurs péchés commis dans cette vie ; même pardonnés, ceux-ci l'ont obscurcie car - selon l'adage -, « nos actes nous suivent ».

Prions pour elles dans la sainte messe pour leur appliquer les mérites de Jésus-Christ ; dans le chapelet pour leur offrir l'intercession de la « Toute puissance suppliante » ; en gagnant pour elles des indulgences afin de les faire avancer sur le chemin du bonheur. Nous-mêmes, nous en tirerons de grands bienfaits :

  • une générosité désintéressée, semblable à celle que la grâce nous prodigue ;
  • une volonté plus droitement orientée pour faire ce que Dieu attend de nous, même si cela doit nous coûter ;
  • une confiance non mesurée envers le Seigneur qui sait, mieux que nous, quel est notre bien.

 Il en résultera un lien fécond avec celles que nous pourrons, comme Josémaria Escriva, appeler « nos bonnes amies, les âmes du purgatoire ».

Dévotion envers notre ange gardien

 

En ce mois d'octobre, le saint Père nous invite à retrouver le sens missionnaire de notre vocation. Comment ? Par une conversion plus profonde qui nous conduit à voir le monde avec les yeux et le cœur de Dieu. Dans cette optique, prenons appui sur une dévotion consistante envers notre ange gardien dont c'est la fête liturgique en début de mois. C'est un entraîneur vers les cimes : il nous facilite l'intimité avec les personnages du ciel..

Par le contact que nous entretenons avec lui, il peut agir sur nos facultés : présenter un objet à notre intelligence, qui va capter notre attention ; nous faire nous souvenir au bon moment de quelque chose d'important ; canaliser notre imagination...

Concrètement, il agit pour notre sanctification sur trois aspects :

- la purification pour consumer ce fond d'opacité charnelle qui nous empêche d'être uni à Dieu : en nous rappelant, par exemple, lorsque nous sommes à table, de consentir une petite mortification pour ne pas manger comme un païen ;

- l'illumination en éveillant notre intérêt pour les choses de Dieu ;

- l'unification en nous familiarisant avec les élus du ciel : particulièrement en soulignant notre désir de louer la Vierge ¬ Elle qui, non seulement est notre Mère mais aussi leur Reine – afin d'unir nos compliments à ceux des choeurs angéliques.

« Toi mon Ange qui me garde, qui m'est d'un doux réconfort,

Ne m'abandonne ni le jour ni la nuit.

Si tu m'abandonnais, qu'adviendrait-il de moi ?

Toi, mon Ange qui me garde, prie notre Dieu pour moi ! » 

Esprit-Saint, doux hôte de notre âme

La liturgie appelle l'Esprit Saint, le doux hôte de notre âme. Hôte, il l’est à un point que nous ne soupçonnons pas car, selon la Tradition, de même qu’un cachet sur de la cire, il imprime en notre âme la ressemblance du Christ : il nous purifie de l'intérieur, nous divinise, à l'image d'un feu qui rend le métal incandescent ; il nous habite d’une présence radicalement active, d’une présence qui descend jusqu’aux racines de notre être ; c’est ainsi qu’il « refait notre homme du dedans, le re-crée selon l’exemplaire divin qu’est le Fils »[1].

N'est-ce pas une perspective grandiose, enthousiasmante ?

 

Il est celui par qui le Dieu insondable … se communique, et nous permet de l’appeler « Père » en toute confiance ; celui par qui nous contemplons, comme dans un miroir, comme si, déjà, ils étaient là, les biens promis qui nous attendent ; celui par qui nous est rendu le Paradis[2]

Malgré nos pesanteurs, lui, l’Esprit d’Amour, peut ouvrir nos cœurs, nous apprendre à aimer, nous mettre  « à niveau ». Amour-Don ou Dieudonné, nous Te demandons donc, en reprenant la séquence de la Pentecôte :

Donne mérite et vertu, Donne le salut final, Donne la joie éternelle !


 

[1]      Cf. Jean-Paul II, Discours à l’audience générale, 26.VII.1989.

[2]      Cf. saint Basile de Césarée, Traité du Saint-Esprit, 15.

 

Pâques 2019

La Semaine Sainte est la grande semaine de l’année liturgique : elle nous achemine vers le dimanche de Pâques, la solennité des solennités de son calendrier. Elle revêt en outre une caractéristique qui la singularise : c’est une semaine à huit jours. Elle commence le dimanche des Rameaux et se termine, non pas le samedi – qui, en l’occurrence, est un jour a-liturgique, un « jour sans » -, mais le dimanche de la Résurrection. Celui-ci est-il un jour de plus, un jour ajouté à la semaine ? Non. C’est le premier d’une ère nouvelle : le premier jour du nouveau-né, du nouveau chef de file de notre Humanité, Jésus ressuscité. Le récit de la Genèse nous rapporte en effet comment notre Créateur a fait l’homme le sixième jour, puis s’est reposé le septième. De même, Jésus notre Rédempteur s’est reposé le septième jour – il s’est endormi dans les bras de la Croix et a reposé au tombeau – pour renaître dans la Gloire le premier jour de la semaine suivante.

Laissons-nous renouveler de fond en comble par la Pâque du Christ ; par son « passage » en nous, en fréquentant avec confiance les sacrements de sa miséricorde : la confession qui nous fait sortir du tombeau où notre égoïsme tend à enfermer notre âme, l'eucharistie qui la nourrit de la vie même du Ressuscité.

 

Levons les yeux vers Marie pour que son engagement au service du mystère de la Rédemption, dont la Semaine Sainte est le point culminant, en vienne à nous conquérir.

 

Journée des Familles : 28 avril 2019

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Mars 2019

Le Seigneur a réuni en Joseph, comme dans un soleil, tout ce que les saints ont ensemble de lumière et de splendeur (saint Grégoire de Nazianze). Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le Sauveur demeure trente ans à Nazareth, sans quitter Joseph… ni Marie immaculée. Cette maison était pour lui un paradis : la vie de famille, si simple et chaleureuse auprès de ses parents lui a fait – pourrait-on dire – oublier celle qu’il partageait au ciel dans la Trinité et en compagnie des Anges.

Bel exemple pour les pères et mères de famille ! De même que, par leur éducation, Marie et Joseph ont façonné la personnalité humaine de Jésus pour qu’elle soit à la hauteur de sa mission de Rédempteur, de même ont-ils à tirer des potentialités de leurs enfants la personnalité mûre et équilibrée de chrétiens cohérents. Les conditions de la société moderne en font-elles une responsabilité surdimensionnée ?

 

Le mois de mars est dédié au saint patriarche. Occasion providentielle pour lui confier des intentions ambitieuses, en se souvenant de cette recommandation de sainte Thérèse de Jésus : « Je ne me souviens pas de lui avoir rien demandé jusqu’à ce jour, qu’il ne me l’ait accordé… Il me semble que Dieu accorde à d’autres saints la grâce de nous secourir dans certains besoins ; mais, par expérience, je sais que saint Joseph nous secourt en tout. Comme si Notre-Seigneur voulait nous faire voir que, de même qu’il lui était soumis sur la terre parce qu’il lui tenait lieu de père, il ne peut dans le ciel rien lui refuser ».

Février 2019

Parmi les différentes fêtes de saints et de martyrs de ce mois, celle de Joséphine Bakhita éclaire notre vie d’une lumière intensément surnaturelle. Elle est le témoin lumineux d’un amour humble et inconditionnel envers Dieu, de l’actualité des Béatitudes. D’ailleurs, Bakhita signifie « heureuse ». C’est le surnom que lui donnèrent les négriers qui, à neuf ans, la capturèrent pour la vendre sur un marché d’esclaves. C’était en 1875.

 

La première partie de sa vie fut terrifiante : pendant trois années notamment, raconte-t-elle, «  je ne me souviens pas d’avoir passé un jour sans plaie… fouettée à mort, la baguette, frappant à plusieurs reprises ma cuisse, m’arracha peau et chair, y creusant un long sillon qui me cloua sur mon grabat pendant plusieurs mois ». Entaillée sur de nombreuses parties de son corps par le tatouage, la tatoueuse frottait ses plaies avec du sel : « si je ne suis pas morte, c’est que le Seigneur me destinait à des choses meilleures ». En raison de la guerre, elle fut vendue à un agent consulaire italien, puis  amenée en Italie où elle fut catéchisée, reçut le baptême et entra chez les sœurs Canossiennes. Elle confia comment, si elle avait pu revoir ses bourreaux, elle leur aurait baisé leurs mains car ils lui avaient permis de connaître le Bon Dieu qu’elle appelait « mon Maître ». C’est la première sainte officielle du Soudan, béatifiée avec Josémaria Escriva en 1992, et canonisée en 2000. Sa vie est un exemple émouvant de bonté héroïque et de pardon évangélique.